Une soirée qui tombe à l'eau

Une soirée qui tombe à l'eau - Barbara Correa

Les derniers rayons du soleil avaient disparu. La ville tombait petit à petit dans la nuit sombre. De plus, j’observais que le ciel se couvrait de nuages. Pas de lune, pas d’étoiles, seuls les réverbères donnaient un peu de lumière. J’avais une sortie entre amies qui devait se dérouler ce soir. Je l’attendais avec impatience, car je n’avais eu aucun divertissement depuis un mois, mon emploi m’ayant pris tout mon temps. Je m’étais préparée à l’éventualité d’une pluie, j’avais donc prévu de mettre un pantalon et des chaussures fermées. J’essayais de soigner mon maquillage. J’avais aperçu, depuis peu, des taches brunes peau qui auraient bien besoin d’être soignées. Pour l’instant, je les dissimulais à l’aide de mon fond de teint et d’un peu de poudre. J’avais mis un chemisier en soie gris que je venais d’acquérir. Je trouvais qu’il m’allait à ravir.

Enfin prête, je me disposais à partir quand mon téléphone vibra, marquant ainsi l’arrivée d’un message. L’heure du rendez-vous avec mes amies était repoussée, car aucune ne serait là à celle que nous avions convenu. J’avais encore une heure avant de m’en aller. Je me posais dans le salon. Je voulais en profiter pour regarder mon courrier en retard. Pour quelle raison ai-je commencé à dépouiller un contrat d’assurance que je voulais revoir depuis longtemps ? Parce que je savais que c’était très important que je le fasse au plus vite, mais je ne vis pas le temps passer. Heureusement, une autre sonnerie retentit. Mes amies m’attendaient.

Vite fait, je partis et appelais un taxi dans la rue pour être plus rapidement au restaurant où je devais les retrouver. Pas de chance, aucun chauffeur n’était libre. Je devais faire le trajet à pied. Une dizaine de minutes plus tard, alors que j’étais presque arrivée, la pluie se mit à tomber. On aurait crû des seaux d’eau que des esprits farceurs s’amusaient à jeter du ciel. Le grondement de l’orage arriva. Je n’étais plus très loin. Je me motivais intérieurement pour trouver le courage d’affronter les éléments. À peine avais-je posé le pied en dehors de mon abri, que la pluie redoubla. Je me mis à courir. Je sentais que l’eau pénétrait à travers les différentes couches de mes vêtements. Trempée, le maquillage coulant sur le visage, je ne pouvais pas avoir une figure décente au restaurant. En fin de compte, j’appelais mes amies pour leur dire que je ne viendrais pas et je rentrais chez moi.